Dieu et mon droit

La marche de l’extrème
Droit-gauche, droit-gauche
Chaque pas frappe le terre
Agaçant l’Europe

En train de convaincre
Les gens de leur peur
À fin de rappeler
À la foule la Terreur

Qu’il saurait ce soir
S’armer, dirigée
Persuader l’armée
De se reveiller

Et cracher par terre
La voie retrouver
Droit-gauche, droit-gauche
Vers le pouvoir du Pays

M-B-D

Metro – boulot – dodo
Mais ce tri-rhythme ne fait pas
Mention aux heures passees
Entournee de la foule des sots
Les inanites quotidiens
Qui font partie du vague
De violences et d’impuissances
Qui me pervadent
Quand on se trouve fermee
Comme un veau, sous le sol
Dans le foutu metro

Et au bureau – faisant boulot
On bosse, point. Et pourtant
Le chef, il dort dans son cabinet
A sentir couler du robinet
L’eau de vie et du passe
Vos esperances; amours frustres
Pendant qu’on fasse ses devoirs
Comme si on se trouvait toujours
Au lycee, devant un mec aine
Qui s’est convaincu – c’est pas a lui
De faire ce qu’il faut de quoi qu’il soit
Et tout ca commence avec un mot
Son bonjour-argot ”pret, le cafe?’

Alors, qu’est-ce qu’on fait
Au moment du rentree?
Mais dormir – c’est ca
Apres chaque journee.

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Tube – desk – bed

Tube – desk – bed
But this triple rhythm does not
Make mention of the hours spent
Surrounded by the crowd of fools
The daily inanities
Which make up the wave
Of violence and frustration
Which seeps into me
When I find myself enclosed
Like a veal, underground
In the fucking tube

And at the office – beavering away
One slaves, full-stop. And meanwhile
The boss, asleep in his cubicle
Listens to the tap dripping
The water of life and of the past
Your hopes; frustrated loves
While one does his duty (for him)
As if one were still
In school, in front of an older boy
Who has convinced himself it isn’t for him
To do what he ought, of whatever it is
And the whole thing starts with a tiny phrase
His greeting-slang ‘Is the coffee ready yet?’

So what does one do
When one reaches home?
But sleep – that’s all
After every single day

Chanson de guerre

Les gens qui font la guerre
chez-eux ou bien à l’étrangère
n’ont jamais ni jamais comprises
ce qu’ils font à la belle patrie.

Les hommes vont mourir sans mûrir
les femmes seront laissées toute seules
enfants n’auront plus aucun père
et les enseignants assez de guerres.

Mails ils font la guerre chantant
pour gagner leur montant
ils font la guerre criant de joie.
Et leurs mères et leurs sœurs
et leurs filles et toutes celles
n’auront rien plus à faire que pleurer.

Mes enfants de la patrie
entendez comment je vous supplie!
N’avez plus rien à faire de combattre
Vous vous heurtez le mur de la belle cimetière.

Mes enfants, chers enfants de notre avenir,
Je vous avise contre la guerre de nos guerres.
Car tout le monde sait deja comment on tue
Et on n’aura plus rien pour quoi vivre dessous.

Lâche

La douleur de son existence compris,
Il n’a jamais plus souffert,
En choisissant ne pas considérer
Combien peut coûter un amant.
Comme toi sa lâcheté serait
La chose que lui a tout sauvée
Et tous les deux vous cachez bien
Vos cœurs en peur d’aimer.

Je veux vivre ce douleur qui porte
Aussi que tant de joie.
Savoir aimer nous donne du force
Plutôt que désespoir.
S’il me faudrait d’attendre tous les
Ans pour entendre ton pas,
Je le ferai aussitôt pourque
Je me portait tant de grace.

Prière

Mon père, qui m’a donné de vie
Je vous demande plus rien
Mais la possibilité de le vivre
Sans interruption, sans me plaindre.
Je manquerai des choses –
La détresse, la douleur –
Ce sont des dons particuliers
– gardez-les pour toujours
Et je garderai ma joie
Ma félicité, mes sourires
Contre ceux qui me voudront
Faire pleurer – gardez mes larmes
Pour vous.
Tout va déjà si bien
Je n’ai pas d’envie de changements.

Les Oiseaux

Les femmes sont comme les oiseaux.
On a certaines grandes specimens –
Celles aux chevelures tres compliquées
Colorées, parfumées, coudues jusqu’aux oreilles
Pour les faire sourire,
Et d’autres qui presque se cachent
Afin de se meler aux murs,
Se protéger dans une forêt
D’humanité grise et passive,
Et ne jamais se faire remarquer
Par celles qui les mangeraient,
Chance donnée.

Jean Pierre, Clochard

Le clochard qui bu
Jusqu’au coin de la rue
A ses valides raisons
Pour le faire

Il n’est riche ni propre
Mais ce qu’il a de trop
C’est une vie passée
Là en pleine aire

Il s’en fou du télé
Et du pays entier
Il n’a pas d’intérêt
Dans le foot

Mais il se trouve content
Ses amis là en front
Et le goût du bon vin
À la bouche

Belonging

Le déjeuner prêt dans ma tête
Je sors, l’éstomac toujours vide.
Le mémoire m’aide plus à m’en
Souvenir des choses dont j’ai été
béni de connaître pendant la vie.
Ce vie, ma vie.
J’ai perdu le fil, et d’un coup
Tout la toile s’etouffe.
Les ficelles étant autant confusés
Que tout l’histoire est ruiné.
Mon histoire en ruines!
Je ne sais plus comment y’en croire.
Il me manquent les preuves,
les petits aides-memoires
Où sont-les?  Je me sens seule.
Le monde m’entourne avec ses
Médecins, ses hôpitaux, ses maris,
Ses enfants, ses routines…
Et je le reconnais de moins en moins.
Chaque jour, à chaque pas,
Il est nouveau, le tout.
Et j’y appartiens plus.

Expulsé du Paradis

Ce qu’on aurait appellé l’atout principal
de ce pèlerinage m’est perdu.
On a laissé mon coeur se distraire pendant
assez de temps.  Maintenant, il est cuit.
Et on n’a plus de voies, plus d’avenues,
plus de dépit, plus de tristesse.
On n’a plus de sentiments actuels, seule, nue.
Je devrais te quitter, aller explorer d’autres possibilités
de ce monde, dans ce monde,
puis qu’il existe de plusieurs possibilités.
Mais j’ai plus de volonté me jeter dans l’océan
Pour voir si j’ai du quoi flotter, ou si
Je me suis habillée avec aplomb en plomb.
Et les jours passent, sans que je m’en aperçoive…
La vieillesse m’atteint à l’âge d’un quart de siècle.
J’ai un regard fixé, tout droit, sans voir.
La lueur que j’avais trouvé dans vos yeux s’est éteint
Et je restes dans le noir.

Une salle d’attente

Là où on trouve les pertes de temps
Là où le vent a cessé de souffler
Seul et debout j’attends t’entendre
Là où l’amour est née.

Ici le froid ne touche rien
Ici le temps n’oblige qu’un pas
Avec mon âme je marche sans rhythme
Aux battements faibles du coeur sympa.

Sans volonté de briser le silence
On entend toujours rien où j’attends
Cependant mes oreilles font le tour des environs
L’espoir m’arrivera entre peu, je pense.